L’astronomie de la préhistoire au XVIIe siècle



Vers -3000

Construction de Stonehenge

Vers -280

Aristarque de Samos suggère que la Terre tourne autour du Soleil et fournit la première évaluation de la distance Terre-Soleil

Vers -240

Eratosthène mesure la circonférence de la terre

Vers -130

Hipparque développe le premier catalogue d'étoile brillantes

Vers 140

Ptolémée propose un modèle où la Terre se trouve au centre de l'Univers et les planètes se déplacent sur des épicycles

825

Al-Khwarizmi, l'inventeur de l'algèbre, publie ses tables astronomiques à Bagdad

829

Le calife Al-Mamun fonde l'observatoire de Bagdad

833

Le persan Al-Farghani écrit les Eléments d'astronomie

900

L'astronome arabe Al-Battani introduit la méthode trigonométrique dans l'étude de la sphère céleste

994

Al-Khujandi construit un sextant mural à l'observatoire de Ray près de Téhéran et mesure l'obliquité de l'écliptique

Vers 1020

Al-Biruni améliore la mesure du rayon terrestre

1054

Des astronomes chinois observent la supernova du Crabe

Vers 1075

Le persan Omar Khayyam mesure de façon très précise la durée de l'année

1543

Nicolas Copernic publie De revolutionibus orbium coelestium où il suggère que le Soleil se trouve au centre de l'Univers et pas la Terre

1572

Tycho Brahe observe une supernova dans le ciel et met fin au concept d'immuabilité des cieux

1576

Tycho Brahe entreprend

© Texte Olivier Esslinger 2003-2007

la construction de l'observatoire d'Uranieborg

1577

Tycho Brahe observe le passage d'une comète et confirme que les cieux ne sont pas immuables

1582

Le pape Grégoire XIII introduit le calendrier grégorien

1596

David Fabricius découvre que la luminosité de l'étoile Mira n'est pas constante

1608

Hans Lippershey invente la lunette d'approche

1609

Johannes Kepler présente ses deux premières lois sur le mouvement des planètes dans Astronomia nova

1610

Galilée tourne une lunette vers le ciel et fait de nombreuses découvertes comme les reliefs de la Lune, les satellites de Jupiter ou la multitude d'étoiles de la Voie Lactée

1619

Johannes Kepler publie sa troisième loi sur le mouvement planétaire dans Harmonices mundi

1632

Galilée publie Dialogo Sopra I Due Massimi Systemi Del Mondo où il compare les théories de Ptolémée et de Copernic

1656

Christiaan Huygens décrit les anneaux de Saturne

1671

Isaac Newton construit le premier télescope

1672

Geminiano Montanari découvre que la luminosité de l'étoile Algol est variable

1675

Jean-Dominique Cassini découvre une division dans les anneaux de Saturne

1676

Olaüs Römer mesure la vitesse de la lumière en observant les satellites de Jupiter

1687

Isaac Newton publie sa théorie de la gravitation universelle dans Philosophiae Naturalis Principia Mathematica



 

L’astronomie du XVIIIe au XIXe siècle

 



1705

Edmond Halley prévoit le retour de sa comète en 1758

1718

Edmond Halley compare ses mesures de positions stellaires avec celles de Ptolémée et découvre le  mouvement propre de certaines étoiles

1758

Johann Palitzsch observe la comète de Halley comme prévu

1781

William Herschel découvre Uranus ; Charles Messier compile son catalogue de nébuleuses

1782

John Goodricke remarque que les variations de luminosité d'Algol sont périodiques et expliquent qu'elles sont dues au passage périodique d'un corps plus sombre en orbite autour de l'étoile

1784

Edward Piggot découvre la première céphéide

1796

Pierre-Simon de Laplace propose sa théorie de la formation du système solaire

1800

William Herschel découvre la lumière infrarouge

1801

Giuseppe Piazzi découvre le premier astéroïde  : Cérès

1814

Joseph von Fraunhofer découvre que le spectre du Soleil présente des raies sombres

1838

Friedrich Bessel, Friedrich Struve et Thomas Henderson mesurent respectivement les parallaxes des étoiles 61 Cygni, Véga et Alpha Centauri

1842

Christian Doppler découvre l'effet Doppler sur le son

1843

Samuel Heinrich Schwabe décrit le cycle de taches solaires

1844

Friedrich Bessel explique les oscillations apparentes de Sirius et de Procyon par l'influence gravitationnelle d'un  compagnon en orbite

1846

Johann Gottfried Galle découvre Neptune en s'appuyant sur les prédictions mathématiques d' Urbain Le Verrier

1848

Armand Fizeau découvre que l'effet doppler s'applique également à la lumière

1859

Gustav Kir Chhoff et Robert Bunsen découvrent que chaque composé chimique possède une signature spectrale unique

1863

William Huggins commence à utiliser l' analyse spectrale pour étudier la composition chimique des étoiles

1864

James Clerk Maxwell publie sa théorie sur le champ électromagnétique

1868

Pierre Jules César Janssen et Norman Lockyer observent les protubérances solaires et découvrent un nouvel élément dans le spectre du Soleil : l'hélium

1872

Henry Draper prend la première photographie du spectre d'une étoile : Véga

1877

Asaph Hall découvre les deux satellites de Mars : Phobos et Deimos

1878

Giovanni Schiaparelli observe des "canaux" sur Mars

1895

Wilhelm Röntgen découvre les rayons X

 

L’astronomie du XXe au XXIe siècle




1905

Albert Einstein introduit la théorie de la relativité restreinte

1910

Ejnar Hertzsprung et Henry Russell découvrent la relation entre la luminosité d'une étoile et son type spectral

1912

Henrietta Leavitt découvre la relation période-luminosité des céphéides

1915

Albert Einstein publie la théorie de la relativité générale

1917

Vesto Slipher analyse le spectre de galaxies proches et s'aperçoit que la plupart s'éloignent de nous

1918

Harlow Shapley s'appuie sur l'observation de céphéides dans les amas globulaires pour établir la taille réelle de la Galaxie et la position de son centre; mise en service du télescope de 2,5 mètres du Mont Wilson

1924

Edwin Hubble identifie des céphéides dans la galaxie d'Andromède et redéfinit l'éche  lle des distances extragalactiques; Arthur Eddington établit la relation entre masse et luminosité des étoiles de la séquence principale

1929

Edwin Hubble découvre la loi qui porte son nom et l'expansion de l'Univers; George Gamow propose la fusion de l'hydrogène comme source d'énergie des étoiles

1930

Clyde Tombaugh découvre Pluton

1931

Karl Jansky détecte des ondes radio d'origine non terrestre

1938

Hans Bethe, Carl von Weizsäcker et Charles Critchfield identifient les différentes réactions de fusion qui se produisent dans les étoiles

1946

Détection des premières ondes radio d'origine extragalactique

1948

Ralph Alpher, George Gamow et Robert Herman inventent le concept de Big Bang et prédisent l'existence du rayonnement fossile

1949

Mise en service du télescope de 5 mètres du Mont Palomar

1957

Lancement de Spoutnik 1, le premier satellite artificiel

1958

Jan Oort crée une carte de la structure spirale de la Galaxie grâce à des observations dans les ondes radios

1959

Luna 1 devient la première sonde à s'éloigner de la Terre

1960

Allan Sandage et Thomas Matthews découvrent les quasars

1961

Sheldon Glashow présente la théorie électrofaible

1962

Mariner 2 est la première sonde à survoler une autre planète : Vénus

1963

Maarten Schmidt comprend que les quasars sont des objets extrêmement distants

1964

Murray Gell-Mann et George Zweig proposent indépendamment l'existence de particules fondamentales baptisées quarks

1965

Mariner 4 est la première sonde à survoler Mars; Arno Penzias et Robert Wilson découvrent par accident le rayonnement fossile

1967

Jocelyn Bell et Anthony Hewish découvrent les pulsars

1969

Neil Armstrong et Edwin Aldrin marchent sur la Lune

1973

Premier survol de Jupiter par Pioneer 10

1974

Premier survol de Mercure par Mariner 10

1978

Découverte du satellite de Pluton : Charon

1979

Premier survol de Saturne par Pioneer 11; Découverte de la première lentille gravitationnelle

1981

Alan Guth présente sa théorie de l'inflation

1986

Premier survol d'Uranus par Voyager 2; survol de la comète de Halley par plusieurs sondes

1987

Explosion d'une supernova proche dans le Grand Nuage de Magellan

1989

Premier survol de Neptune par Voyager 2

1990

Lancement du télescope spatial Hubble

1995

Mise en orbite de la sonde Galileo autour de Jupiter; Découverte de la première planète extrasolaire

1998

Deux équipes annoncent que l'expansion de l'Univers est en pleine accélération

2003

Le satellite WMAP fournit des mesures très précises du rayonnement fossile et de l'âge de l'Univers

2004

La sonde Mars Express et les rovers Spirit et Opportunity commencent à étudier Mars; mise en orbite de la sonde Cassini autour de Saturne

2005

La sonde Huygens atterrit sur Titan





Etoiles

L'ÉTOILE LA PLUS PROCHE Évidemment après le Soleil

·         C'est Proxima Centauri - Proxima du Centaure

ü      43 000 milliards de km

ü      270 000 UA

ü     4,3 années lumière  de notre planète

Comparaisons

Si distance Soleil

0,1 mm

Orbite Terre

balle de golf

Proxima

à 5 km

 

À la vitesse extraordinaire de 1/10 de la lumière, il faudrait tout de même 100 ans pour faire l'aller-retour

LA PLUS LUMINEUSE de notre ciel

·         C'est Sirius

·         En prolongeant le baudrier d'Orion

 

La galaxie la plus proche: Andromède dont la nébuleuse est visible à l'œil nu

  LA PLUS LUMINEUSE en été

·         La première à apparaître au-dessus de nos têtes

·         Distance: 26 années-lumière

 

Le seul système d'étoiles doubles visible à l'œil nu: Mizar et Alcor dans la Grande Ourse

LA PLUS LUMINEUSE en absolu

·         C'est a Carinae.

Étoile Barnard: étoile qui se déplace le plus vite en latéral, vue de la Terre



L'ÉTOILE LA PLUS ÉLOIGNÉE

En 1998

Elle a été observée le 8 août 1988, durant sa phase de supernova, dans l'amas de galaxies AC118, au moyen du télescope de 1,5 m de l'observatoire de La Silla au Chili.

Sa distance estimée est égale à 5 milliards d'années-lumière.

Actuellement, elle est trop faible pour pouvoir être encore visible.

En 2001

·   Galaxie C11358 + 62

  13 milliards d'années-lumière

 120 000 milliards de milliards de km

·    Photographiée par Hubble

Ce qui nous rapproche des confins de l'Univers (15 milliards d'années)

 


Sirius



 

Sirius A / B

 

Données d'observation
Époque J2000.0

Constellation

Grand Chien

Ascension droite (α)

06h 45m 08.9s

Déclinaison (δ)

-16° 42' 58"

Distance

8,62 al
(2,631 pc)

Magnitude apparente (V)

-1,46 / 8,44

Variabilité

aucune

Type spectral

A0-A1 V /

Caractéristiques physiques

Masse

~ 4,77×1030 / 2,05×1030 kg
(~ 2,4 / 1,03 m)

Diamètre moyen

2 340 000 km / 11 000 km
(1,68 / 0,08 d)

Couleur (B-V)

0,00 / -0,03

Couleur (V-I)

-0,05 / -1,04

Magnitude absolue

1,47 / 11,35

Luminosité

W
(26,1 / 0,00024L)

Température
de surface

9 900 / 24 790 K

Âge

2-3 × 108 ans

Période de rotation

 

Système

Composants stellaires

 

Planètes

 

Sirius est l'étoile principale de la constellation du Grand Chien. Vue de la Terre, Sirius est l'étoile la plus brillante du ciel après le Soleil. Sa magnitude apparente est de -1,46. Elle se trouve à 8,7 années-lumière du Soleil, ce qui en fait une des étoiles les plus proches. C'est une étoile de la séquence principale, de type spectral A0 ou A1, qui a 2,1 fois la masse solaire. Son âge estimé est entre 200 et 250 millions d'années. Sa température de surface est d'environ 9900 K et son diamètre environ 1,711 fois le diamètre solaire. Sa composition chimique est semblable à celle du Soleil.

Sirius a une étoile compagnon de type naine blanche appelée Sirius B (en dessous, à gauche de Sirius sur l'image ci-contre), qui orbite avec une période de près de 50 ans (49.9 ans exactement). Par rapport au Soleil, la densité de Sirius A est de 0.42 et celle de Sirius B de 27 000.

Ce fut la première naine blanche à être découverte, en 1862 par l'américain Alvan Clark (1804 -1887) suite aux travaux de son collègue allemand, Friedrich Wilhem Bessel (1784 -1846). En effet, Bessel, dès 1844, avait observé des irrégularités dans le mouvement propre de cette étoile et permit ainsi à Clark de découvrir son compagnon, Sirius B, naine blanche 10 000 fois moins lumineuse que Sirius, l'étoile principale parfois appelée Sirius A.

 

Noms donnés à cette étoile

 


Position de Sirius dans la constellation du Grand Chien.









Véga

   


 

Véga
(α Lyrae)

 

Données d'observation
Époque J2000.0

Constellation

Lyre

Ascension droite (α)

18h 36m 56,34s

Déclinaison (δ)

+38° 47' 01,3"

Distance

25,4 al
(7,76 pc)

Magnitude apparente (V)

0,03

Variabilité

δ Sct

Type spectral

A0Va

Caractéristiques physiques

Masse

5,2×1030 kg
(2,6 m)

Diamètre moyen

4,3×109
(3,1 d)

Couleur (B-V)

0,00

Couleur (V-I)

 

Magnitude absolue

0,58

Luminosité

1,95×1028 W
(51L)

Température
de surface

9 300 K

Âge

3,5×108

Période de rotation

12,5 h

Système

Composants stellaires

 

Planètes

 

 

Véga (Alpha Lyrae) est l'étoile principale de la constellation de la Lyre, en été située presque au zénith aux latitudes moyennes de l'hémisphère nord. C'est une étoile proche située à seulement 25,4 années lumières du Soleil. Avec Arcturus et Sirius, c'est l'une des étoiles les plus brillantes au voisinage du Soleil et dans l'hémisphère nord elle est la deuxième étoile la plus lumineuse après Sirius. Véga est de couleur bleue (géante bleue). Sa classe spectrale est A0Va (Sirius, une A1V, est légèrement moins lumineuse) et elle se trouve dans la séquence principale, ce qui signifie que son énergie provient de la fusion de l'hydrogène en hélium. La masse de Véga est environ deux fois et demi celle du Soleil.

Étant donné que les étoiles plus massives consomment leur hydrogène plus vite, la durée de vie de Véga est estimée à seulement un milliard d'années. L'âge de Véga serait de 350 millions d'années. Véga est entourée d'un disque de poussières et de gaz en rotation, découvert par le satellite IRAS au milieu des années 1980. La température de ce disque serait de -180°C. Des modèles numériques expliquent la structure de ce disque par la présence d'une planète de la taille de Neptune en son sein, orbitant à une distance de Véga équivalente à la distance entre Neptune et le Soleil. Cet orbite éloigné de l'étoile suggère que la planète, formée près de l'étoile, s'en serait éloignée, balayant au passage le disque de poussière et favorisant ainsi la formation de petites planètes rocheuses. Ces planètes pourraient expliquer la présence de petites bosses dans le disque. Aux alentours de l'an 14 000, Véga prendra la place de l'étoile polaire en tant qu'étoile indiquant le nord du fait de la précession des équinoxes.

Les astronomes ont utilisé Véga pour la calibration de l'échelle absolue de brillance en photométrie. Quand l'échelle fut fixée, il s'est trouvé que la magnitude de Véga était proche de zéro, il fut donc décidé que par définition la magnitude visuelle de Véga serait le zéro à toutes les longueurs d'ondes. Elle a également un spectre électromagnétique relativement plat dans le domaine de la vision (à savoir entre 350 et 850 nanomètres). Véga est connue sous d'autres noms : Wega (chez les Allemands), ou Harp Star (chez les anglo-saxons). L'origine du nom Véga serait arabe : abrégé de Al Nasr Al Waki, l'aigle en piqué.



Histoire de la constellation du centaure

La constellation du Centaure fait partie des 48 constellations répertoriées par Ptolémée dans son Almageste. Elle était déjà mentionnée par Eudoxe (4e siècle av. J.-C.) et Aratos de Soles (3e siècle av. J.-C.) Dans la mythologie grecque, le centaure (créature mi-homme, mi-cheval) que cette constellation désigne serait Chiron, le plus sage des centaures, précepteur de Jason et d'Hercule. Certaines sources lui attribuent aussi le Sagittaire, bien que Pholos ou Crotos soient plus souvent associés à ce dernier.

 Observation du ciel

Le Centaure est une vision splendide du ciel austral, par son nombre d'étoiles brillantes, mais sa forme générale n'est pas très facile à tracer. Il n'est bien visible que pour les observateurs situés suffisamment au sud, en pratique au moins sous les tropiques.

Localisation de la constellation

Le centaure est sur l'alignement qui passe par Arcturus du Bouvier et Spica de la Vierge: cet alignement touche le Centaure sur ι (le coude) et γ (la croupe) avant de toucher la croix du sud. Alpha du centaure est à 60°S, soit ~50° plus au Sud que Spica. Par ailleurs, le Centaure est sur la voie lactée, entre deux autres constellations très riches: le Scorpion à l'Est, et le Navire Argo à l'Est. La proximité de la Croix du sud permet d'orienter facilement les alignements nord/sud.

 


Forme de la constellation

 

Les deux premières étoiles visibles sont RigilKenttaurus (α Cen) et Hadar (β Cen), assez proches (~5°) l'une de l'autre, et très brillantes (mag 0). Dans leur alignement vers l'Ouest, on repère ensuite facilement la Croix du sud. La partie "chevaline" du centaure enjambe la croix. Elle est marquée notamment par γ Cen, étoile brillante située dans l'axe de la Croix du sud. ε Cen, l'étoile située sensiblement entre γ et α, marque la jonction des pattes avant. ζ Cen est la troisième étoile qui ferme le triangle de la partie "chevaline", au nord de β. Les pattes arrière du Centaure sont au niveau de la Croix du sud, enter cette constellation et le début du Navire Argo. La tête du Centaure est marquée par θ Cen, l'étoile brillante située 25° au Nord de α et β, au terme d'un alignement vague et zig-zagant, sorte de "W" très aplatit, formé par β, ε, ζ, ν et θ.




Nicolas Copernic


La première attaque d'importance contre les conceptions des Anciens fut portée par un chanoine polonais, Nicolas Copernic, au milieu du XVIe siècle. Né en 1473, Copernic fut convaincu très jeune, probablement par la lecture d'Aristarque de Samos, que la Terre n'occupait pas le centre du monde. Il consacra son temps libre à accumuler observations des corps célestes et calcul de leur orbite, dans le but de mettre au point un nouveau système du monde.



 

Nicolaus Copernicus : Torun, 1473 - Frombork, 1543

Copernic publia le résultat de ses travaux en 1543 dans De Revolutionibus (Des révolutions). Dans cet ouvrage, le Soleil occupait le centre du monde et c'est autour de lui que les autres corps tournaient, avec dans l'ordre, Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter et Saturne. La Terre, qui d'après les Anciens était le centre du monde, se voyait ramenée au rang de simple planète, en orbite autour du Soleil comme toutes les autres.

Il faut remarquer que la théorie de Copernic n'était pas le résultat direct de ses observations et de ses calculs, mais juste une construction purement théorique. En fait, son système ne différait guère de celui de Ptolémée dans ses prédictions du mouvement apparent Galileo Galileides astres. De plus, Copernic restait convaincu que les orbites des corps célestes devaient être circulaires et parcourues à vitesse constante. Pour expliquer le mouvement irrégulier des planètes, il devait lui aussi introduire des épicycles et construire un système très complexe.

Le système de CoperGalileo Galileinic présentait cependant un avantage majeur : sa plus grande simplicité. En particulier, il expliquait le mouvement rétrograde des planètes sans faire appel à des épicycles, mais simplement par une combinaison de leur mouvement avec celui de la Terre.

Le mouvement de révolution était lancé et rapidement d'autres astronomes travaillèrent à établir l'astronomie sur des bases plus solides, par l'amélioration des moyens d'observation et par des efforts dans la compréhension des orbites planétaires.

© Texte Olivier Esslinger 2003-2007

Johannes Kepler

Johannes Kepler, né en 1571, débuta sa carrière comme assistant de Tycho Brahe. A la mort de ce dernier, toutes les précieuses observations de planètes accumulées pendant une vingtaine d'années devinrent la propriété de Kepler. L'astronome allemand s'intéressa tout particulièrement au mouvement de Mars, qu'aucun système n'arrivait à reproduire avec précision. Après de très laborieux calculs, Kepler fut en mesure de déterminer l'origine des irrégularités du mouvement de Mars : l'orbite de la planète autour du Soleil n'était pas circulaire, mais consistait plutôt en un ovale ou, en termes plus précis, à une ellipse. Kepler publia ce résultat en 1609, dans Astronomia Nova (Astronomie nouvelle) et enterra définitivement l'ancien dogme de la circularité des orbites planétaires.


Johannes Kepler : Weil der Stadt, 1571 - Regensburg, 1630

Kepler montra également que Mars ne parcourait pas son orbite à vitesse constante, mais à une vitesse fonction de la distance de la planète au Soleil. En fait, Kepler découvrit que le Soleil ne se trouvait pas au centre de l'ellipse de Mars, mais en un point un peu décalé appelé le foyer de l'ellipse. Lorsque la planète passait par le point de l'orbite le plus proche de ce foyer, le périhélie, sa vitesse était maximale, et lorsqu'elle passait par le point le plus éloigné, l'aphélie, sa vitesse était minimale.

Après le succès de son étude de Mars, Kepler s'attaqua également aux autres planètes. Après plusieurs années de calculs, il mit en évidence une loi très importante décrivant le mouvement de chaque planète autour du Soleil. Il montra que le carré de la période de révolution d'une planète, c'est-à-dire le temps nécessaire pour faire un tour complet, était proportionnel au cube de la taille de son orbite. Cette loi se révéla extrêmement utile car il suffisait alors de déterminer l'une de ces grandeurs, période ou dimension de l'orbite, pour immédiatement connaître l'autre. De plus, comme cette loi se généralise à tout corps en orbite autour d'un autre, elle permit plus tard de déterminer la masse de nombreux objets, aussi bien celle de Pluton que celles de nombreuses étoiles binaires.


© Texte Olivier Esslinger 2003-2007



Galilée

Parallèlement aux travaux de Kepler, une autre avancée majeure eut lieu dans le domaine de l'observation. Au début du XVIIe, des savants hollandais eurent l'idée d'utiliser un jeu de lentilles pour construire un instrument optique capable d'agrandir les images : une lunette. L'usage de cet instrument fut d'abord limité aux militaires, mais en 1610 un astronome italien, Galileo Galilei dit Galilée, construisit sa propre lunette et la tourna vers le ciel. Il fit alors découverte sur découverte en un laps de temps record.






Galileo Galilei : Pisa, 1564 - Arcetri, 1642

Galilée décrivit cette même année les merveilles qu'il avait découvertes dans Sidereus Nuncius (Le messager des étoiles): la Voie Lactée n'apparaissait plus comme une tache diffuse mais était en fait formée d'une myriade d'étoiles, la surface de la Lune n'était pas lisse mais présentait des montagnes et des cratères, la planète Jupiter était accompagnée d'un cortège de quatre satellites en orbite. Un peu plus tard, Galilée fit encore d'autres découvertes : la planète Saturne n'apparaissait pas sphérique mais présentait un disque déformé, indice de l'existence d'un ou de plusieurs objets autour d'elle, la planète Vénus n'avait pas toujours le même aspect mais présentait des phases successives tout comme la Lune, et, enfin, le disque du Soleil n'était pas uniforme mais parsemé de petites taches sombres.

Les observations de Galilée furent le coup de grâce pour la conception aristotélicienne du monde, en tout cas dans la communauté scientifique. Les taches sur le disque solaire ainsi que les montagnes et les cratères de la Lune, prouvaient que les corps célestes étaient loin de la perfection qu'Aristote leur attribuait. Les satellites de Jupiter apportaient la preuve que la Terre n'était pas le centre de tous les mouvements célestes. Enfin, les phases de Vénus ne pouvaient s'expliquer que si cette planète tournait autour du Soleil, pas autour de la Terre.

A la lumière de ces découvertes, Galilée publia en 1632 Dialogo Sopra I Due Massimi Systemi Del Mondo (Dialogue sur les deux principaux systèmes du monde), dans lequel il comparait les systèmes du monde de Ptolémée et de Copernic. Galilée laissant évidemment apparaître que le modèle de Copernic était correct, ce qui lui attira les foudres de l'Eglise, qui avait repris à son compte la théorie d'Aristote depuis le XIIIe siècle. Malgré les précautions que Galilée avaient prises en présentant le système de Copernic comme un simple modèle, il fut forcé par l'Inquisition à abjurer cette doctrine en 1635 et ses livres furent mis à l'Index. Mais le progrès de la science était en marche et plus rien désormais ne pouvait l'arrêter.

Remarquons encore que les observations du ciel à l'aide d'une lunette ne furent pas la seule contribution de Galilée à la science. Au début de sa carrière, l'astronome italien s'intéressa au problème du mouvement des corps sur Terre. Il montra, en étudiant le mouvement d'objets sur des plans inclinés, que les idées d'Aristote dans ce domaine étaient également erronées. Le philosophe grec pensait qu'un corps isolé de toute influence extérieure devait forcément tendre vers l'absence de mouvement. Galilée montra par ses expériences que cela était faux et qu'un tel objet allait en fait continuer à se mouvoir à une vitesse constante. Isaac Newton allait reprendre cette idée et en faire l'une de ses lois du mouvement.© Texte Olivier Esslinger 2003-2007

© Texte Olivier Esslinger 2003-2007


Isaac Newton

Après les travaux de Kepler et de Galilée, la description du mouvement des planètes était enfin correcte. Cette description n'était cependant pas complète car elle ne fournissait aucun renseignement sur la cause de ces mouvements et n'expliquait par exemple pas pourquoi les orbites étaient des ellipses plutôt qu'une autre forme quelconque. C'est Isaac Newton, un physicien anglais né en 1642, qui fournit finalement la réponse à ces questions et acheva ainsi la quête d'une description complète des mouvements planétaires.

Isaac Newton : Woolsthorpe, 1643 - London, 1727

Lorsque Newton entama sa carrière de physicien, la description du mouvement des corps distinguait encore la Terre et les cieux. D'un côté, on avait les mouvements des corps célestes qui obéissaient aux lois de Kepler, de l'autre, les mouvements des corps terrestres qui suivaient les lois proposées par Galilée. Les deux ensembles de lois semblaient totalement différents et irréconciliables. Mais en 1666, Isaac Newton fit un raisonnement qui ouvrit la voie à la réconciliation des deux descriptions.

Imaginons que nous placions un canon au sommet d'une montagne. Imaginons également qu'il soit possible d'utiliser ce canon pour tirer des boulets avec une puissance arbitrairement grande et que les boulets ne soient pas freinés par l'atmosphère terrestre. Si nous plaçons peu de poudre dans le canon, nous enverrons le boulet à quelques dizaines de mètres. En augmentant la quantité de poudre, nous pourrons l'envoyer de plus en plus loin, à un kilomètre, à dix kilomètres et ainsi de suite. Le boulet sera soumis à la pesanteur de la Terre et obéira aux lois de Galilée sur le mouvement des corps. Mais augmentons encore la puissance du canon. A partir d'un certain moment, nous réussirons à envoyer le boulet de l'autre côté de la Terre. Enfin, en augmentant encore la puissance, arrivera au point où le boulet fera le tour de la Terre avant de passer au-dessus de notre tête et de continuer son vol. Le boulet décrira alors un cercle ou une ellipse autour de la Terre : il sera en orbite et se conformera aux lois de Kepler sur le mouvement des corps célestes.

Avec ce raisonnement très théorique, Newton réconciliait les différents types de mouvement, l'orbite keplerienne du boulet-satellite s'identifiait au mouvement galiléen du boulet-projectile. Après cette révélation, Newton s'attacha à transformer son intuition en une théorie mathématique capable de décrire le mouvement de n'importe quel corps. Comme les premiers essais ne furent pas à la hauteur de ses ambitions, il abandonna le sujet pendant une longue période. Il fallut ainsi attendre plus de 20 ans pour que Newton mette au point sa théorie et la publie finalement en 1687, dans Philosophiae Naturalis Principia Mathematica (Principes mathématiques de la philosophie naturelle).

La loi de la gravitation universelle

Dans cet ouvrage, Newton montra que de nombreux phénomènes, en particulier le mouvement des astres et la chute des corps, pouvaient s'expliquer par l'action d'une force qui faisait s'attirer mutuellement tous les objets. C'était par exemple la force d'attraction du Soleil qui réglait le mouvement des planètes et la force d'attraction de la Terre qui faisait chuter les corps à sa surface. En s'appuyant sur les lois de Kepler, Newton réussit à donner une expression mathématique à cette force et put ainsi énoncer la loi de la gravitation universelle : l'intensité de la force d'attraction entre deux corps est proportionnelle au produit de leurs masses et inversement proportionnelle au carré de leur distance mutuelle.

A partir de la loi de la gravitation universelle, Newton fut en mesure d'analyser mathématiquement de nombreux phénomènes. Il démontra que les planètes devaient effectivement suivre des ellipses autour du Soleil et confirma toutes les lois découvertes par Kepler. Il montra que les mouvements des corps célestes n'étaient pas toujours des ellipses. Certains objets, en particulier certaines comètes, suivaient

© Texte Olivier Esslinger 2003-2007

d'autres de trajectoires, appelées paraboles et hyperboles. Ces courbes, contrairement aux ellipses, étaient ouvertes et les corps qui les parcouraient finissaient par s'éloigner indéfiniment du Soleil. Newton fut également le premier à estimer les masses relatives de la Terre, du Soleil et des autres planètes. Et finalement, la loi de la gravitation universelle lui permit d'expliquer des phénomènes terrestres comme la marée, due à la force d'attraction de la Lune sur la Terre, ou bien la forme de notre planète et son renflement équatorial.


© Texte Olivier Esslinger 2003-2007

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